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Nous débarquons de l’avion à l’aéroport international de Yangon, tout contents de découvrir un nouveau pays et un peu inquiets quand même. En effet, le Myanmar est un pays plus secret que nos précédentes destinations vu qu’il a ouvert ses frontières il y a seulement quelques années. De plus la crise récente avec les Rohingyas ne rassure pas vraiment sur la stabilité dans certaines régions. Mais c’est aussi un pays qui nous a été si souvent vanté que la motivation passe avant tout.

Nous passons la douane sans problème grâce à nos e-visas faits quelques jours plus tôt et après avoir récupéré nos compagnons de route, à savoir nos sacs à dos, nous tombons sur l’habituelle mafia des taxis. Un grand classique à la sortie de tous les aéroports mais un moment toujours un peu désagréable. Remontés à bloc, nous décidons de porter le premier assaut mais nous n’avons même pas le temps d’en placer une :

Groupe de taxis : « City center ?! It’s 15$ »

Nous : « What ??? Come on ! We know it’s 5$ ! »

Groupe de taxis : éclat de rire général…

Bon, apparemment ils se sont vraiment ligués pour ne pas avoir à négocier donc nous décidons de nous éloigner un peu en attendant que l’un d’entre eux se ravise. Coup de chance pour nous, en marchant 5m plus loin nous tombons sur un pub de l’application Grab que nous utilisons depuis le début du voyage. L’application cherche un peu et nous trouvons un chauffeur qui accepte de nous conduire directement à notre hôtel en échange des 5$ habituels. C’est une sorte d’échec et mat pour le groupe de taximen qui nous regarde partir et un petit goût de victoire pour nous (nous : 1; taxis : 0).

Nous rejoignons notre hôtel après une bonne heure de taxi, l’aéroport est assez loin du centre donc 5$ ce n’est vraiment pas grand-chose. Nous nous préparons à passer les quelques jours suivant à visiter la ville.

Visite de Yangon

La ville de Yangon est la plus grande du pays mais excepté quelques lieux particuliers, elle n’a pas beaucoup de charme. Il faut dire que nous ne sommes vraiment pas des fans des grandes villes en règle générale et celle-ci n’a pas fait exception.

Nous partons visiter le nord de la ville connu pour ses parcs et sa magnifique pagode Shwedagon, premier centre religieux du pays. Le parc n’est pas incroyable mais nous avons la bonne surprise de tomber sur le musée de l’agriculture qui ne fait pas parti des lieux conseillés aux touristes. Le gardien, une fois réveillé de sa sieste, est d’ailleurs plutôt surpris de nous voir. Même si la plupart des explications de sont pas traduites en anglais, les photos et les schémas donnent un aperçu des productions et de l’agriculture au Myanmar. Notamment leur niveau de recherche sur la génétique et la sélection du riz est assez poussé et évidement c’est cette culture qui domine de loin le paysage agricole.

On trouve aussi des productions de champignons, de café, de thé, diverses noix mais surtout le coton et la soie qui sont bien présentes dans le nord du pays. On craque un peu devant un mannequin expliquant que la tenue de traitement chimique idéale est un ensemble chemise, pantalon traditionnel et chapeau. Dans le même genre, on trouve aussi de vieux dessins expliquant qu’une bonne façon de se débarrasser des restes de produits chimiques consiste à les enterrer, bidons compris.

Après toutes ces découvertes, nous nous arrêtons dans un restaurant hyper classe du parc. Après 3 mois de voyage, nous craquons complètement pour un assortiment de pains et de fromages…pas très nourrissant mais quel bonheur.

Nous nous rendons finalement à la pagode Shwedagon, elle est facile à trouver avec son stupa haut de 98m. De plus, les environs sont remplis de magasins de souvenirs pour les touristes. L’entrée est assez chère pour les étrangers (20000 Kyats par personne, soit un peu plus de 11€) mais ça vaut vraiment le coup. La pagode principale toute recouverte de plaques d’or se trouve au centre de 72 autres pagodes et salles de prières toutes très différentes les unes des autres. De nombreux touristes et pèlerins déambulent entre les différents temples et c’est un spectacle particulièrement impressionnant au coucher du soleil. Toutes ces flèches d’or resplendissantes et presque rouges avec les rayons du soleil couchant, nous ne sommes pas loin de regretter nos lunettes de soleil. Cette pagode est l’une des plus belle si ce n’est la plus belle que nous avons eu l’occasion de voir jusqu’à présent.

Trajet Yangon à Mandalay

Finalement nous quittons Yangon et après une autre bonne heure de taxi nous rejoignons la gare routière. C’est l’image même d’un bordel organisé…même la gare de Mochit en Thaïlande paraît simple à côté. Ca klaxonne de partout et en permanence, tout le monde crie sur tout le monde, il y a des piétons, des vélos, des scooters, des voitures et des bus et chacun veut se tailler une place en faisant le maximum de bruit.

Dans ce bazar nous réussissons à trouver notre compagnie de bus et nous découvrons une nouvelle facette du Myanmar tout juste soupçonnée à l’hôtel : les taxes déguisées. La monnaie du Myanmar est le Kyat mais pour tous les touristes les prix sont très souvent indiqués en dollars américains et évidemment le choix est laissé de payer dans l’une ou l’autre de ces deux monnaie. La petite entourloupe c’est que si nous décidons de payer en Kyats, ils pratiquent un taux de conversion $/Kyat assez peu avantageux qui leur permet de récupérer une petite commission au passage.

Une fois nos tickets de bus payés, il ne nous reste que 4h à attendre à la gare avant de prendre la route jusqu’à Mandalay. L’attente est longue, le trajet aussi mais tout se passe sans encombre, nous commençons à avoir l’habitude du bus.

A l’arrivée, nous tombons évidemment sur les habituels chauffeurs de taxis qui cherchent à prendre nos sacs pour les emmener directement à leurs voitures pour pouvoir râler plus facilement en cas de refus. Mais nous les esquivons avec brio et commandons à nouveau un Grab à la sortie de la gare (nous : 2 ; taxis : 0). Ce trajet de quelques minutes jusqu’au centre nous fait découvrir un nouveau cauchemar sur les routes. Il est tout juste 7h du matin et en moins de 5km notre chauffeur a réussi à tamponner un scooter et à nous donner quelques sueurs froides. Nous trouvons finalement un hôtel qui accepte de nous donner une chambre directement malgré l’horaire matinal et nous nous reposons un peu.

A la découverte de Mandalay et ses environs

Mandalay est la deuxième ville du pays et a, à nos yeux, aussi peu de charme que la première. En revanche, les environs sont très intéressants à découvrir. La solution la plus simple est de louer un scooter à la journée, mais de nombreux touristes préfèrent éviter car conduire dans cette ville peut être une expérience traumatisante. Il faut savoir que le sens de circulation au Myanmar a changé en 1970 et que les voitures commencent tout juste à être adaptées (et les conducteurs aussi). C’est pourquoi on peut trouver dans une même rue, des voitures avec le volant à droite aussi bien qu’à gauche, et des gens qui conduisent des 2 côtés de la route… Sans compter le fait les quelques feux tricolores sont rarement respectés et que les piétons traversent n’importe où. Ça donne une petite idée du paysage des rues à Mandalay.

Mais nous sommes prêts à tout et au sommet de notre confiance de conducteurs de scooters donc nous décidons de quand même aller voir un loueur. Le premier choc est que la location à Mandalay est beaucoup plus chère que dans les autres villes ou pays, le deuxième est que le loueur n’est absolument pas serein pour nous. Il demande à Pierre de faire plusieurs tours dans la rue pour voir comment il se débrouille, nous demande plusieurs fois si nous sommes sûrs et il finit par nous valider après nous avoir fait signer une décharge (la confiance règne).

Les formalités effectuées, nous traversons la tempête du centre-ville et nous atteignons le sud de la ville. Sur la route, nous voyons de nombreux ateliers de fabrication de Bouddhas en pierre et c’est assez spectaculaire de voir les épais nuages de poussière qui traversent la route quand un artisan s’affaire à tailler ou poncer une statue.

Nous décidons de visiter l’ancienne capitale royale d’Inwa (anciennement Ava). D’après les divers blogs de voyageurs consultés c’est la plus belle des capitales royales. Nous arrivons à un petit embarcadère avec un service de barque taxi. C’est assez amusant de faire monter le scooter sur la plateforme malgré le risque de passer par-dessus bord en cas de trop forte accélération. En arrivant de l’autre côté du fleuve, nous tombons sur une armée de calèches attendant les touristes. Comme nous avons le scooter, nous nous évitons pas mal de sollicitations. L’ancienne capitale n’est pas vraiment une ville mais plutôt un ensemble de ruines d’anciens temples bouddhistes sur plusieurs kilomètres carrés. C’est donc plutôt plaisant de se perdre sur les petits chemins de terre et de s’arrêter dès que l’on croise quelque chose d’intéressant. Nous visitons plusieurs temples et ruines et finalement la journée passe assez vite.

Nous reprenons la route du retour car nous voulons nous arrêter sur le célèbre pont en teck d’U Bein, le plus long pont en teck du monde (1,2km) pour le coucher du soleil. C’est un lieu assez touristiques mais qui vaut quand même le coup d’œil car on croise tous les milieux sociaux : les moines, les touristes, les locaux, les jeunes et les moins jeunes. Nous avons de la chance ce soir-là car le coucher de soleil est vraiment sublime et nous pouvons observer le travail des pêcheurs du lac.

Nous repartons sur la route et affrontons une dernière fois les rues de Mandalay (de nuit en plus donc l’exploit compte double) et nous décidons de partir dès le lendemain pour Bagan et ses 2000 pagodes.

Le trajet de Mandalay à Bagan

Nous réservons directement nos billets de bus avec l’hôtel car ils ne prennent pas de marge supplémentaire et assurent le transport jusqu’à la gare. Nous sommes les premiers à monter dans le taxi collectif mais nous sommes rapidement rejoints par 4, puis 2, puis 3 autres personnes ainsi que tous leurs bagages. Ce trajet jusqu’à la gare permet de vraiment comprendre un proverbe local qui dit « quand il n’y a plus de place c’est qu’il y en a encore » (traduction personnelle).

Le trajet suivant jusqu’à Bagan est assez difficile car le minibus est surchargé et la voie ressemble plus à une piste qu’à une route. Mais nous finissons quand même par arriver après quelques heures pour entamer le round n°3 avec les chauffeurs de taxis version Bagan. La gare est à moins de 5km du centre-ville mais il faut quand même passer par un taxi car il n’y a pas de transport collectif. Pour éviter les fraudes, la gare affiche en plusieurs endroits les tarifs des taxis pour les différentes villes des alentours, pour la nôtre le prix est de 6000 Kyats. C’est donc tout naturellement que les chauffeurs nous indiquent le double du prix en expliquant que le prix indiqué n’est plus à jour et qu’en plus il correspond aux taxis du gouvernement alors qu’eux sont des privés. Les explications sont plutôt drôles et comme nous ne sommes pas pressés nous nous asseyons sur un banc pour observer les autres voyageurs s’énerver, se résigner mais parfois aussi gagner leur négociations. Au bout de quelques minutes, il ne reste plus que nous avec une foule de chauffeurs. Comprenant que pour cette fois nous avons le pouvoir, l’un d’eux craque et accepte de nous conduire pour le prix indiqué. Le score final est donc de 3-0 pour nous contre les taxis au Myanmar.

En s’éloignant de la rue principale, nous trouvons une petite maison d’hôte pour passer les prochaines nuits afin de découvrir les fameuses pagodes de Bagan.

La suite dans un prochain article !

En résumé

Les tops

Claire : la gentillesse des Birmans

Pierre : la pagode Shwedagon

Les flops

Claire : la nourriture trop grasse

Pierre : la conduite à Mandalay

Verdict

Claire : premiers jours très prometteurs

Pierre : un bol d’air de retrouver un pays moins touristique que la Thaïlande


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