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Nous avons dit au revoir à Lombok sur le ferry qui nous a conduit à Bali. Nous attendions avec impatience de découvrir l’île des Dieux vu tout le bien que les voyageurs nous en avaient dit.

En descendant du ferry, nous avons croisé la route de 2 Françaises qui se rendaient comme nous à Ubud. Nous avons pu partager un taxi, ce qui était bien pratique car malgré une féroce négociation, le trajet restait assez cher. En arrivant à Ubud, nous avons eu la surprise de découvrir une ville très embouteillée, très peuplée mais surtout très occidentalisée. Il y a énormément de magasins d’habits, de restaurants végétariens et bios (ce qu’on n’avait pas eu l’occasion de voir jusqu’à présent), de salons de massages et de boutiques plus ou moins artisanales. Le changement comparé à Lombok est assez saisissant. Nous suivons les Françaises dans leur homestay car comme à notre habitude nous n’avions rien réservé et là, dans une petite impasse au fond d’une ruelle, nous avons découvert la meilleure homestay depuis le début de notre voyage (Muka Homestay). Nous ne parlons pas trop des logements car nous y restons 1 ou 2 nuits maximum donc ce n’est pas très important pour nous mais à Ubud c’était vraiment un petit bout de paradis avec des gérants adorables. La chambre était super avec une petite terrasse, cocktail de fruits pour nous souhaiter la bienvenue, café et thé à volonté et un super petit déjeuner fait maison. Le logement nous a plus marqué que la ville. Comme dit plus haut, la ville vit pour le tourisme, tous les restaurants et les magasins cherchent à convaincre les portefeuilles que nous sommes et même si les locaux sont très gentils, c’est un peu dénaturé.

Nous avons tout de même apprécié de visiter l’envers de la ville avec son palais royal et ses rizières cachées. Le palais est entouré d’un bassin rempli de carpes et de nénuphars, l’ambiance est très apaisante. Le soir, des spectacles de danses traditionnelles balinaises sont donnés et on se met rapidement dans l’ambiance avec les tenues, la musique et le temple en arrière-plan. En marchant 5 minutes dans une petite ruelle près du palais, on peut découvrir les rizières secrètes d’Ubud. Elles ne sont en réalité plus très secrètes car indiquées par un panneau mais néanmoins magnifiques. Le vert des plants de riz change en fonction de l’heure c’est donc toujours sympa pour les amoureux de la chlorophylle que nous sommes de se promener et d’observer les agriculteurs travailler, les épouvantails et les oiseaux qui s’en moquent royalement.


Nous décidons rapidement de partir à l’aventure de l’île, notre gentil logeur nous a gardé une partie de nos affaires pour que nous ne soyons pas trop chargés. Grâce aux bons tuyaux de tonton Jean-Louis, aussi ici connu sous le patronyme de Tigerman, nous avons rencontré son ami Nyoman qui nous a gracieusement prêté son scooter et conseillé sur les sites explorer. Sur la route, nous visitons plusieurs temples hindous, ils sont tous très  beaux et particulièrement décorés d’offrandes, d’étoffes et de fleurs. Nous nous arrêtons aussi pour voir une cascade avant de reprendre la route, évidemment en bons gestionnaires, nous n’avons pas mis nos maillots de bains dans nos affaires mais qu’à cela ne tienne ; vu que nous sommes seuls nous finissons quand même par prendre une bonne douche sous les 30m d’eau et ça réveille. Sur la route nous passons voir les pêcheurs de Kusamba, le coin à l’air beaucoup plus pauvre et c’est toujours aussi triste de voir tant de plastique sur une plage. Mais nous sommes beaucoup plus à notre aise en découvrant les rizières de Sidemen. Les couleurs sont incroyablement chatoyantes et c’est tellement agréable de se promener au milieu des champs. Nous terminons la journée par le palais royal de Tirta Gangga. Il se compose de différents bassins décorés de statues et il est possible de marcher sur l’eau grâce à un parcours de pierres sculptées. Nous passons la fin de la journée au temple, c’est reposant de marcher au milieu des fontaines une fois que la plupart des touristes sont partis.

Le lendemain nous reprenons notre scooter direction Amed pour la pause de midi. L’occasion de manger directement sur une belle plage de sable noir en regardant les bateaux passer et en s’abritant du soleil de plomb (on commence à prendre des couleurs). Puis nous rejoignons le nord de l’île vers le mont Batur, la deuxième montagne la plus sacrée de Bali. Le nord de l’île est beaucoup moins touristique et ça se ressent dans les réactions des locaux qui nous regardent passer. Il faut dire que la route pour rejoindre la montagne grimpe beaucoup et est particulièrement défoncée. La plupart des touristes prennent une autre route au sud ou viennent directement via des tours organisés. Après avoir galéré plusieurs heures sur la route (Pierro au pilotage et moi au portage de sac) nous avons enfin rejoint le village de Toya Bungkah et trouvé un logement. Nous avions entendu beaucoup de commentaires négatifs sur cette ville et sur la mafia de guides qui y sévit et nous n’allons pas leur donner tort. Nous avions hésité à faire l’ascension sans guide mais après avoir lu beaucoup de témoignages de voyageurs qui s’étaient fait insulter et même physiquement violemment agresser, nous étions un peu refroidis, c’était une impasse : repartir sans avoir fait l’ascension alors qu’on avait fait toute la route ou tenter de négocier. Nous nous sommes fixés un prix barrage et après de dures négociations nous avons réussi à l’atteindre (le guide n’était apparemment pas content du tout, il nous a d’ailleurs précisé que ça serait sans le petit déjeuner… pour quelques bananes et œufs durs on ne s’estime pas trop perdants). Nous avions peu de temps pour nous réjouir car le réveil du lendemain à 3h30 allait être brutal et après quelques heures de sommeil nous nous sommes mis en route avec notre guide Shalina. La randonnée est sympathique et pas vraiment difficile mais nous croisons beaucoup de monde sur le sentier et en arrivant il y a déjà de nombreux groupes qui attendent le soleil. Au sommet, il fait très froid surtout après la marche il faut donc se couvrir et on se prend à rêver d’un café mais le tarif du sommet nous calme assez rapidement. Heureusement, le soleil ne se fait pas attendre et malgré les nuages qui défilent, le spectacle est magnifique. Nous restons un long moment à regarder l’astre et à apprécier les premiers rayons qui réchauffent légèrement.


En repartant, Shalina avec qui nous avons bien sympathisé nous explique qu’elle peut nous amener faire le tour du cratère, ce n’était pas prévu mais si on n’en parle pas à son chef elle nous promet de ne rien facturer de plus, nous acceptons. Nous passons devant des cavités émettant de la vapeur soufrée à très haute température, c’est un héritage des dernières éruptions volcaniques. Les guides font cuire des œufs de dragons, à savoir des œufs cuits dans la vapeur de ces cavités. Comme nous avions été privés de petit déjeuner par l’association des guides, nous avions évidemment pris nos propres œufs de dragon que nous avons pu déguster après 20min de cuisson. Le goût est particulier mais c’est très bon et ça requinque avant d’entamer la marche autour du cratère et la descente. Après 2h de descente et de magnifiques paysages (et singes, ici aussi), nous avons rejoint l’hôtel contents mais fatigués. Il a fallu mettre à profit les quelques heures restantes avant le check-out pour dormir avant de reprendre notre scooter jusqu’à la prochaine destination.

La route jusqu’à notre prochaine ville était longue et fatigante mais vraiment magnifique car elle passait dans les montagnes du nord de Bali. Tout est vert, fleuri, les gens sont tout sourires en nous voyant passer et les enfants sont contents à chaque fois que nous répondons à leurs « hello ». Après quelques heures nous rejoignons Munduk fourbus mais heureux, cette ville est vraiment apaisante et on retrouve le style de vie balinais dans toute sa splendeur. Nous profitons de l’ambiance pour nous ressourcer et le lendemain nous partons visiter une plantation de café. Il s’agit d’un hôtel grand luxe créé par un Néerlandais qui a décidé d’associer des plantations de café bio pour maintenir une production locale. Nous apprenons que le café a en effet été introduit par les Néerlandais au XVIIème siècle en Indonésie afin de produire leur propre café plutôt que d’acheter celui provenant d’Afrique. Les arbustes arabica et robusta se sont particulièrement adaptés au climat et à l’altitude et l’Indonésie s’est rapidement classée dans le top des exportateurs mondiaux, elle est aujourd’hui 4ème après le Brésil, le Vietnam et la Colombie. Notre guide Made Wardana, le manager de la plantation, nous explique les différentes variétés en déambulant dans les plantations. C’est une petite exploitation (3ha), ils achètent donc également des cerises de café auprès des paysans des environs. Ils produisent aussi le fameux café Luwak, celui qui est mangé, prédigéré et récupéré dans les excréments de civettes. Ils en produisent très peu car il faut le ramasser autour de la plantation, contrairement à d’autres exploitations qui capturent les civettes et les mettent en cages pour produire plus de ce café à forte valeur ajoutée. D’après Made, ce café n’a rien d’exceptionnel en termes de goût et n’est d’ailleurs pas consommé par les locaux, c’est surtout les étrangers qui l’achètent grâce à un storytelling efficace. Notre visite était très intéressante et se conclut sur une dégustation de café, nous le préférons à l’Italienne plutôt qu’à la Balinaise (en poudre avec beaucoup de marc), mais le café des montagnes de Bali est très bon.

Nous reprenons la route jusqu’à Ubud pour rendre le scooter et en passant nous allons visiter le célèbre temple Pura Ulun sur le lac Bratan. Le temple est très beau mais s’est beaucoup touristifié, comme beaucoup de lieux à Bali. L’entrée est chère (50 000 IDR par personne, sans compter le parking), des cars entiers de touristes défilent, les restaurants et les magasins d’artisanats sont le classique « attrape touriste » dans ce genre d’endroit.  Ce qui est moins drôle, ce sont ces petites boutiques qui vous proposent de payer pour vous prendre en photo avec des animaux (serpents, chauves-souris, oiseaux…) qui doivent rester attachés toute la journée et tous les jours pour satisfaire les touristes. Encore une fois, nous préférons les animaux en liberté, il n’y a peut-être pas la possibilité de faire des selfies mais dans ce genre de cas on peut aisément s’en passer. Dès que l’on s’éloigne de cette agitation, on réalise que le temple est très beau. C’est le premier que nous voyons qui est construit sur un lac et ça donne une ambiance particulière, de plus, comme beaucoup de monuments à Bali, tout est très fleuri donc nous apprécions la promenade. En fin de journée, nous retrouvons notre guesthouse préférée à Ubud pour une dernière nuit.

Le lendemain, nous partons pour Permuteran à l’ouest de Bali et pour s’y rendre il faut prendre un premier bus jusqu’à Lovina puis un bémo jusqu’à Permuteran. Les bémos sont de petits bus locaux assez bon marché mais qui demandent un contrôle de soi à toute épreuve pour la conduite, tant pour le chauffeur que pour les passagers ainsi que de bonnes compétences en négociation pour payer le prix juste.

A Permuteran, nous profitons de la journée pour faire un peu de snorkeling et aller voir quelques temples. Nous échappons à une attaque sournoise d’un macaque dans un temple, nous voulions passer par une porte, il ne voulait pas…il a gagné, les poissons du récif sont plus sympathiques. Les hôtels de la côte ont décidé de tester une nouvelle technique pour développer le récif coralien en installant des statues sous-marines alimentées par un léger courant électrique. D’après ce que nous avons constaté sous l’eau, ça fonctionne.

Après notre court séjour à Permuteran, nous partons pour Gilimanuk pour prendre un ferry en direction de Java.

Bali est vraiment une île d’exception et nous comprenons mieux le surnom de l’île des Dieux. Tout est fleuri et entretenu, l’ambiance est apaisante et les gens sont très gentils. Nous regrettons juste le côté très touristique mis en place pour tous les monuments mais on comprend facilement l’attrait que peut représenter tous ces touristes. Nous avons beaucoup apprécié ces 10 jours sur l’île et nous sommes contents de repartir pour de nouvelles aventures (volcans, lacs, …) sur l’île de Java.

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