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Suite de nos aventures en Malaisie péninsulaire.

Après nos 2 jours à Malacca nous sommes enfin partis en direction des Cameron Highlands tant attendues. Entre le bus de ville, l’attente à la gare et le bus Malacca/Ipoh, ça nous a pris quasiment toute la journée donc nous avons dû faire une halte pour dormir à Ipoh et prendre le premier bus du lendemain matin.

Une fois arrivés dans les Cameron Highlands, région la plus en altitude du pays, après 4h de trajet dont la moitié de petites routes tortueuses (décidément nous passons pas mal de temps dans les transports) et après avoir trouvé notre logement, nous sommes partis pour faire une petite randonnée. Petite d’après la carte, car si la première heure était plutôt aisée malgré la pluie, la suite était un peu plus folklorique. Sous une éclaboussante pluie tropicale, nous avons dû, 3h durant, escalader des troncs, zigzaguer entre les lianes avec nos habits tout trempés et j’ai finalement réussi à m’enfoncer la jambe dans un trou d’eau/boue… Sans compter la panique de voir une mini sangsue sur mon poignet.
Plus de peur que mal finalement. Outre la rencontre fortuite avec la sangsue, nous avons aussi pu croiser un lézard qui gardait farouchement ses œufs et quelques énormes chenilles… pour l’instant la faune n’est pas très visible. La flore en revanche est abondante, magnifique, faite d’immenses arbres, de palmiers majestueux et beaucoup de fleurs. Enorme coup de cœur pour les hibiscus, les frangipaniers et les bougainvilliers, tous pleins de vigueur et de couleurs.

Finalement, à l’issue de la randonnée, nous avons enfin pu rejoindre la plus ancienne plantation de thé BOH (le meilleur thé de Malaisie d’après les locaux avec lesquels nous avons pu discuter), grâce à la gentillesse d’un couple de Malaisiens qui nous a pris en stop. Le site offrait un panorama sur les magnifiques plantations. Du vert et des buissons de thé sur toutes les collines. On a pu aussi le goûter directement à la fabrique. Conclusion: c’est aussi bon que beau.
Après avoir admiré la vue, nous avons pu rentrer à notre hôtel grâce à un couple de Français (pour repartir des plantations) et un autre couple de Malaisiens qui nous ont conduits directement jusqu’à l’hôtel. Pour l’instant, les gens rencontrés sont adorables et le stop fonctionne très bien.

La ville de Tanah Rata où nous logeons tranche particulièrement avec le paysage des plantations de thé et de la forêt…en gros c’est assez moche. Il y a beaucoup de vieux immeubles et de constructions, et les rues sont assez peu esthétiques, ça change de Malacca. Le reste de la vallée est remplie de d’exploitations agricoles, c’est très impressionnant de voir la quantité de serres et tous les espaces sont utilisés. Certaines serres étaient implantées sur des pentes très fortes et nous avons pu voir que quelques une s’étaient d’ailleurs effondrées avec les pluies et les glissements de terrain. C’est impressionnant mais c’est assez triste de voir le paysage dans cet état. Ça donne une image de grosse cicatrice et les déchets jetés n’importe où n’aident malheureusement pas à améliorer cette impression. Nous n’avons pas visité de fermes car elles sont très touristiques pour la plupart (notamment pour la cueillette des fraises) et nous préférions nous concentrer sur le thé. Sur la route de nos randonnées, nous avons tout de même pu voir que les productions étaient plutôt diversifiées avec des petits fruits, du maïs (sous serre à notre grande surprise), des aromates et beaucoup, beaucoup de choux.

La deuxième plantation de thé BOH que nous avons visitée est la plus grande de Malaisie et nous le croyons volontiers. Il y avait des buissons de thé sur toutes les collines à perte de vue et il en faut car chaque année ce sont 4 millions de kilogrammes de thé qui y sont produits. Comme nous y sommes allés très tôt, les couleurs étaient juste exceptionnelles avec le soleil levant, c’était magnifique. Nous avons pu déambuler dans les buissons et voir les premiers ouvriers et ouvrières se mettre à l’ouvrage. Les conditions de travail ne sont pas du tout évidentes car, même s’il ne fait pas si chaud, il y a beaucoup de pente et ils doivent porter les sacs remplis de feuilles (environ 200kg sur une journée) sur de parfois longues distances. Le thé étant récolté à longueur d’année, de nombreux travailleurs sont logés sur place ou dans des villages directement au milieu des plantations.
Nous sommes bien sûr allés déguster un thé à la fabrique et nous avons pu profiter de la vue grandiose qu’offre l’esplanade sur les collines de thé (et assister à un shooting photos de mariage qui sont assez populaires ici mais très clichés, c’était assez marrant).

Avec la visite du musée et de la fabrique, nous apprenons que le thé doit passer pas mal d’étapes avant d’être prêt pour la consommation. Après avoir été ramassées, on laisse les feuilles se flétrir afin de diminuer le taux d’humidité, cela permet de les ramollir et de les rendre malléables. Elles sont ensuite roulées en machine, cette étape permet de donner sa forme finale à la feuille mais aussi de casser les cellules afin de libérer les enzymes nécessaires pour l’étape de fermentation. En effet, les feuilles sont ensuite laissées à l’air libre et finissent par noircir grâce au phénomène d’oxydation, cette étape très rapide (environ 2h) est très importante car c’est à ce moment que le thé développe ses arômes, sa couleur et tout son caractère. Les dernières étapes sont le séchage et le conditionnement où les feuilles sont triées une dernière fois car leur utilisation finale (thé en sachet, thé en vrac) dépendra de leur calibre à la fin du processus de fabrication. Les techniques peuvent évidemment varier d’un thé à un autre suivant les spécificités des variétés et des conditions.

Après la visite des plantations, nous sommes rentrés en ville et comme la pluie nous suivait vraiment partout, nous avons décidé de changer nos plans une nouvelle fois et de retourner à Kuala Lumpur afin de prendre un avion pour notre prochaine destination.
Ce sera sur la troisième plus grande île du monde… Vous l’avez ? Il s’agit en effet de la sauvage Bornéo…

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Pierre ENGELVIN
septembre 26, 2018 at 15:10 Répondre

ça fait réfléchir quant on trempe ses lèvres dans une tasse de thé, c’est pas une simple infusion à base de végétaux séché. merci de ces explications et des superbes photos qui les accompagnent.

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