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Après quelques heures repos bienvenues suite à l’éprouvant voyage de nuit qui nous a amenés jusqu’à Bagan, nous allons ensuite directement nous promener dans le quartier populaire de Nyaung-U.

L’objectif est triple : ressentir l’ambiance qui y règne, repérer des agences de location de scooters et trouver un boui-boui local pour se ravitailler. Nous parvenons à mener à bien chacune de ces missions. Heureusement pour nous, Nyaung-U semble très peu fréquenté des touristes qui lui préfèrent les quartiers plus construits du Old et du New Bagan. Nous avons donc pu pleinement profiter du vaste marché local ainsi que des petits restaurants traditionnels bien que l’on ait une nouvelle fois trouvé la nourriture vraiment très grasse.

Bagan, la cité aux 2000 pagodes

Mais évidemment, nos principales attentes portaient sur la visite de la cité de Bagan. Pour cela, on a pu louer un scooter électrique pour l’équivalent de 5 euros par jour. Celui-ci est bridé pour ne pas dépasser les 40km/h. C’est largement suffisant d’autant plus que la ville regorge tellement de pagodes et autres sanctuaires religieux que nos yeux cherchent sans cesse à se poser d’un endroit à un autre. C’est vraiment très agréable de se promener sur les chemins de terre (attention à ne pas glisser dans le sable en scooter) et nous pourrions presque imaginer un tournage d’un film d’aventure à la Indiana Jones. Il y a vraiment des temples de partout, des petits de 5m de hauteur aux plus fameux ensembles qui ressemblent à des palaces. L’ensemble est très impressionnant et nous en prenons plein les yeux. La journée avançant, nous nous mettons à chercher un endroit en hauteur pour admirer le coucher du soleil car c’est un incontournable de Bagan.

Cette recherche n’est vraiment pas une sinécure car si la plupart des pagodes possèdent des terrasses en hauteur il est maintenant interdit d’y accéder. En effet le parc national de Bagan a récemment fermé la grande majorité des pagodes suite à un tremblement de terre en 2016 qui a beaucoup endommagé et fragilisé les structures. De plus, les responsables du site ne souhaitent plus prendre de risques en termes de sécurité depuis qu’une touriste américaine s’est tuée en tombant d’une pagode en 2017.

Par conséquent, après avoir tourné pendant quelques heures afin de vérifier si certaines pagodes étaient encore ouvertes au public, nous nous sommes résolus à rester sur un inoffensif muret donnant une belle vue sur la plaine. Les touristes qui nous suivaient ont en revanche décidé de tenter le diable en escaladant une pagode en travaux pour accéder aux terrasses supérieures. Ils ont été rapidement repérés par la sécurité du parc et se sont pris un sérieux savon. En ce qui nous concerne, nous repartons rapidement après le coucher du soleil car notre scooter ne dispose que d’un éclairage assez limité.

Nous repartons très tôt le lendemain pour accéder cette fois au lever du soleil. Nous avions repéré une petite pagode ouverte la veille et en arrivant nous trouvons un gardien à l’entrée qui vérifie nos tickets avant de nous laisser monter. Il y a déjà un peu de monde sur la terrasse mais nous arrivons quand même à nous faufiler pour trouver des places aux premières loges. En oubliant les touristes chinoises qui ne font que parler (trop fort pour cette heure matinale), le lever de soleil sur Bagan est vraiment un moment de paix et de beauté. Nous voyons, l’astre apparaître puis s’élever petit à petit pour éclairer la plaine. Les milliers de pagodes de toutes tailles commencent à apparaître en sortant de la brume. Des nuées d’oiseaux décollent en même temps et tournent autour des montgolfières qui commencent à s’élever. Nous restons longtemps pour observer les montgolfières passer d’un côté de l’astre puis de l’autre et finalement, quand le soleil s’est entièrement levé nous repartons.

Le trek Kalaw – lac Inle

Après ce moment magique, nous visitons encore quelques une des pagodes emblématiques de Bagan puis nous nous préparons déjà à reprendre la route direction Kalaw. Nous réservons encore une fois nos billets à l’hôtel et nous repartons avec le taxi collectif jusqu’à la gare routière. Le taxi est évidemment surchargé mais en regardant des taxis locaux sur la route nous réalisons qu’ils sont quand même plus attentionnés avec les touristes.

En arrivant à la gare routière, nous chargeons nos affaires dans le minibus qui doit nous permettre de faire les quelques 300km jusqu’à destination et nous entamons ce qui restera un des pire trajets du voyage (pour ma part). En effet, nous étions au fond du minibus complétement coincés et directement au-dessus de la roue donc sans possibilité de tendre les jambes. La route était en terre avec par moment plus de nids de poule que de route et beaucoup, beaucoup trop de virages pour un estomac normalement constitué. Les dérapages et les accélérations de notre chauffeur n’aidaient pas vraiment à rester sereins mais j’aurais pu prendre tout ceci avec le sourire si je n’avais pas été malade depuis la veille. Bref, l’arrivée à Kalaw a vraiment été le meilleur moment de ce trajet.

En arrivant en Kalaw nous découvrons une ville sans réel charme qui pourrait ressembler à une grande station de ski. Il faut dire que Kalaw est situé à 1300m d’altitude donc le froid stimule cette ressemblance. A la base, nous ne devions rester qu’une nuit et repartir le lendemain pour le fameux trek jusqu’au lac Inle…mais comme je suis encore malade et que le bus ne m’a pas aidée, nous allons devoir rester plusieurs jours. Nous découvrons donc cette ville avec son petit marché, son excellent restaurant népalais et ses quelques boutiques mais il nous tarde quand même de repartir.

Après quelques jours, mon estomac enfin remis dans le droit chemin, nous partons sur les routes birmanes en compagnie d’Axel (notre guide) et de Peter et Lukas (deux sympathiques hommes d’affaires venus de la République tchèque). La randonnée se fait en 2 jours à raison de 20km de marche par jour. La première journée se passe bien et nous marchons régulièrement en découvrant les paysages ruraux et les villages birmans. Nous nous arrêtons une première fois dans un village pour observer le tissage de la laine et je craque pour une magnifique écharpe. Nous repartons au milieu des rizières où nous voyons les hommes, les femmes et les enfants travailler.

C’est un fait marquant au Myanmar : tout le monde semble travailler, quel que soit l’âge et le niveau de pauvreté. Certaines rizières sont prêtes pour la récolte, nous pouvons donc voir les femmes couper les gerbes, les étendre au sol pour les faire sécher. Certains récoltent déjà les fanes et les emmènent sur les charrettes attelées à des buffles, elles serviront de litières pour les animaux. Un peu plus loin, nous voyons que le riz à déjà séché et il a été battu, il faut donc le séparer de son enveloppe. Pour ce faire, les villageois font un cercle et ils secouent de grands éventails pour créer des courants d’air. Pendant ce temps un autre villageois lance des poignées de riz en l’air et quand le riz retombe, les peaux et les impuretés plus légères s’envolent.

Nous arrivons finalement au bout des 20 premiers kilomètres et nous nous reposons autour d’un super repas préparé par Axel. Après un réveil très matinal, nous repartons vers le lac et nous découvrons cette fois un paysage très proche d’une steppe africaine. Fini les rizières et les forêts, nous voyons une terre très rouge et des arbustes secs et cassants. Le contraste est saisissant et la couleur de cette terre est vraiment spectaculaire.

Nous retrouvons de la verdure en nous approchant du bord du lac Inle et après un dernier repas il est temps de dire au revoir à notre super guide Axel. Nous avons passé un très bon moment avec lui et nos compagnons de route Peter et Lukas. Nous prenons donc ensuite la barque qui doit nous faire traverser le lac jusqu’à la ville de Nyaung Shwe.

Le lac Inle et ses alentours

Sur le lac, nous découvrons les jardins flottants dans lesquels les agriculteurs font pousser des tomates et des fleurs. Nous voyons plusieurs panneaux indiquant que la zone est « chemical free », mais sur les façades des maisons nous voyons plusieurs publicités pour des engrais chimiques… comme souvent dans la vie, il est préférable de rester attentifs et ne pas forcément prendre pour acquis ce que l’on nous dit. Nous arrivons ensuite à l’embouchure et nous tombons sur un spectacle assez amusant (ou déroutant, c’est selon) : les faux pêcheurs. Ces acrobates restent toute la journée sur leurs barques et prennent des poses ahurissantes quand les touristes passent à côté afin de demander quelques billets à ceux qui les prennent en photo. Plus loin, nous croisons de vrais pêcheurs avec leur technique très particulière qui consiste à pagayer avec la jambe pour avoir les mains libres. Certains donnent de grands coups de pagaie dans l’eau pour repousser les poissons en direction de leurs filets. Nous arrivons au bout d’une heure sur la terre ferme et nous nous mettons en quête d’un logement.

Une fois la mission accomplie nous repartons pour visiter un petit vignoble qui se trouve sur les hauteurs du lac. Nous visitons un peu les cultures et nous trouvons finalement quelqu’un pour nous en dire un peu plus sur l’histoire de la vigne et du vin au Myanmar. Elle est relativement courte puisqu’il n’y a que 2 vrais vignobles au Myanmar dont un seul qui appartienne à des locaux. Le Red Mountain vinyard sur lequel nous nous sommes rendus se targue d’être détenu à 100% par des investisseurs birmans. Seul le responsable du chai est bordelais (cocorico) et les cépages viennent surtout d’Europe. Le vignoble produit plusieurs vins rouges et blancs et les prix sont assez raisonnables pour du vin en Asie (entre 10 et 20€ la bouteille en moyenne). Le matériel utilisé pour les différentes étapes d’égrappage et de fermentations est très moderne avec du bel inox de partout. La chaine d’embouteillage et d’étiquetage est aussi relativement récente et l’ensemble fonctionne très bien. Nous avons évidemment fait une dégustation de leurs vins et nous les avons trouvés globalement assez bons même si évidemment les goûts et attentes en matière de vins peuvent varier entre la France et l’Asie…les goûts et les couleurs.

Ravis d’avoir pu boire un peu de vin pour la première fois du voyage, nous repartons en ville pour trouver un batelier qui nous fera visiter le lac le lendemain. Après quelques négociations pour privatiser la balade, nous tombons d’accord et nous nous donnons rendez-vous sur les quais. Le lendemain, tout le monde est présent à l’heure donc nous embarquons rapidement sur nos petits fauteuils avec coussins, le grand luxe. En arrivant à l’embouchure nous apercevons à nouveau les faux pécheurs mais notre batelier nous conduit rapidement au sud du lac pour visiter une fabrique artisanale de bijoux en argent. Alors c’est évidemment prévu pour les touristes et la visite est bien rodée, mais c’est quand même très intéressant de voir comment les artisans travaillent et il n’y a bien entendu aucune obligation d’achat à la sortie. Les bijoux fabriqués ici sont d’une grande finesse et c’est fascinant de regarder le minutieux travail des mains.

Nous partons ensuite sur le marché « artisanal » dont seule la partie fruits et légumes semble typique. Sur le reste du marché, c’est très drôle d’entendre tous les vendeurs nous expliquer que tel produit a été fait à la main par son frère alors que tous les stands proposent exactement le même. Ça reste tout de même bien agréable de se promener sur le marché et nous décernons une mention spéciale au stand « pharmacie » avec tous les médicaments classiques (et d’autres moins classiques) disponibles en vrac. Nous découvrons plus loin un atelier de tissage à la main fait par des femmes girafes. C’est la première fois que nous voyons ces célèbres femmes avec leurs longs colliers responsables de l’allongement de leur cou. Nous nous gardons bien évidemment de porter un jugement sur une culture qui n’est pas la nôtre.

De retour sur notre barque, nous partons cette fois visiter un atelier de tissage à partir de lotus. Nous connaissions déjà le coton et la soie dans cette région mais pas le lotus alors c’est sur-motivés que nous entrons dans la fabrique. La responsable nous montre que les tiges de lotus produisent un certain nombre de fils quand elles sont sectionnées et écartées. Il faut alors rouler ces fils pour les rassembler en un seul et pour rallonger au fur et à mesure le fil qui est embobiné. Une fois créé, le fil brut passe dans un ensemble de cylindres pour l’affiner et le rendre plus solide en même temps. Une fois ces étapes effectuées, le fil de lotus suit un parcours classique entre coloration et tissage. Dans l’atelier où nous étions ils tissaient de la soie, du coton et du lotus (ainsi que des mélanges). Pour tisser à la main une écharpe de soie, il faut compter pas moins d’une dizaine de jours. Cette visite était très instructive et nous repartons vraiment contents.

Notre batelier commence à comprendre qu’il ne touchera pas de commissions sur nos achats pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas l’intention d’acheter. Nous passons ensuite rapidement sur des sites de fabrication de bateau, de cigares et de snacks. Nous profitons des derniers instants sur le lac pour observer les pécheurs poser ou récupérer leurs filets avec toujours cette incroyable technique de pagaie au pied puis nous rentrons vers l’auberge.

Nous récupérons nos sacs et nous partons ensuite prendre le bus de nuit qui nous mènera au sud du Myanmar pour traverser la frontière avec la Thaïlande. Nous entamons donc le deuxième pire trajet du voyage. Le bus est relativement confortable cette fois mais nous reprenons la même route de virage et nids de poule qui m’avait rendue malade à l’aller. Cette fois je ne suis pas malade mais plusieurs de nos voisins ne font pas semblant de l’être…nous avons donc passé les 3 premières heures du trajet dans un arôme épouvantable de vomi et les boules Quies vissées aux oreilles pour ne pas entendre les bruits. Nous sommes bien contents de débarquer enfin dans la ville de Hpa An même s’il est 6h du matin et que nous sommes totalement exténués.

Hpa-An et le passage de frontière

Après nous être remis de nos émotions et de notre fatigue, nous partons découvrir les environs. Pour la première fois depuis que nous sommes au Myanmar nous voyons nettement des militaires armés. La proximité avec la frontière et la pluralité religieuse de la région expliquent certainement cette observation. En ce qui nous concerne, nous traversons le fleuve sur un bateau taxi pour aller faire l’ascension du mont Hpan Pu (il faut compter 30 minutes d’ascension et beaucoup d’eau). Comme nous sommes des gens prévoyants nous partons juste après manger et sous un soleil de plomb. Même si ce mont n’est pas très haut il est vraiment très abrupt donc la montée était beaucoup plus épique que nous l’avions imaginée. Après de longues minutes d’effort (et de vertiges pour moi) nous parvenons enfin au sommet et la vue à 360° sur cette belle vallée récompense tous nos efforts.

Le lendemain sonne le glas de notre dernier jour au Myanmar. C’est en effet ce jour-là que nous traversons la frontière avec la Thaïlande. Comme c’est notre premier passage de frontière terrestre nous sommes quand même un peu tendus. En arrivant au pont de l’amitié après 2h de bus, nous nous rendons directement faire les formalités de sortie. Dix minutes plus tard, nous ressortons avec nos tampons sur les passeports et nous traversons vaillamment le pont sur le fleuve qui délimite la frontière. Une fois de l’autre côté, les formalités pour la Thaïlande nous prennent à peine plus temps avant de quitter la frontière avec nos visas validés.

Nous entamons alors une autre étape de notre périple avec tout d’abord 5jours à Chiang Rai (décrit dans le deuxième article sur la Thaïlande) puis le passage de la frontière avec le Laos.


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Pierre et Chantal
janvier 13, 2019 at 09:41 Répondre

À Toulouse il fait gris et humide, savoir qu’il y’a des ailleurs où le soleil est radieux nous motive pour nos futurs projets de voyage. Merci pour ces superbes photos et les rêves qu’elles suscitent. Je ne savais pas non plus que l’ont pouvait tisser le lotus. Bonne continuation

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