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Après avoir trépigné une semaine à la frontière Cambodge-Viêt-Nam, nous recevons enfin nos visas et fonçons directement à la ville de Can Tho.

Can Tho

Du fait que nous avons désormais seulement 20 jours pour visiter le pays (et non pas environ 1 mois comme initialement prévu), nous décidons d’ajuster notre itinéraire en supprimant quelques étapes et en optimisant le temps à passer à chaque endroit. Nous nous attendons donc à une sorte de course contre la montre effrénée. En mode Pékin Express, pour ceux qui connaissent l’émission.

Can Tho est surtout réputée pour être la plus grande ville du delta du Mékong, au sud du pays. Il existe d’ailleurs de nombreuses excursions possibles pour visiter le delta, à la fois sur la terre ferme en marchant le long des canaux ou sur l’eau sur des barques en empruntant les très nombreuses voies navigables. Mais, faute de temps, nous décidons à regret de sacrifier cette activité.

Nous nous concentrons sur une autre attraction phare de la ville : la visite d’un des plus grands marchés flottants de tout le delta du Mékong. Pour cela, nous paramétrons le réveil à 5h du matin pour trouver un bateau en vue d’être sur le marché aux alentours de 6h. C’est l’heure à laquelle la plupart des transactions se déroulent, où la lumière est la plus belle et où le risque de croiser des touristes est le plus faible. Bien nous en a pris! L’heure passée sur le marché flottant restera un des moments forts du séjour. Notre piroguier nous fait circuler avec une grande dextérité entre les dizaines de bateaux. Ces derniers proposent à la vente de très nombreux produits agricoles et spécialités régionales : pastèques, bananes, noix de coco, fruits du dragon, agrumes mais aussi de nombreux poissons, légumes, céréales et protéagineux. Pour se faire repérer de loin, les commerçants nouent en haut du mât de leur bateau un exemplaire des produits qu’ils vendent. Astucieux et rigolo, on adore ! On croise aussi de nombreuses familles qui vivent sur leurs bateaux, les gens mangent, prennent leur douche, font sécher leur linge. Ce sont des moments simples mais intenses qui permettent de découvrir une facette de la vie des Vietnamiens.

Il existe aussi de plus petits bateaux qui proposent des boissons. Nous décidons d’ailleurs de prendre un café à l’un d’entre eux. On découvre alors pour la première fois le café vietnamien qui consiste en un café moulu filtré auquel on ajoute une cuillère ou deux de lait concentré. Assurément une recette que l’on reproduira une fois revenus en France. Outre ce type de café, on a par la suite également découvert le café au yaourt, à la noix de coco et… à l’œuf. En effet, c’est aussi une spécialité vietnamienne traditionnelle qui se prépare avec des jaunes d’œufs, du sucre, du lait concentré. Un peu déconcertant lors de la première gorgée mais vraiment très bon également! Claire en reprendra d’ailleurs régulièrement au cours du séjour au Viêt-Nam.

Hô Chi Minh Ville

Le jour même, nous décidons de prendre un bus direction Hô Chi Minh Ville, autrefois appelée Saigon. Le bus emprunté est le meilleur que nous ayons eu jusqu’à présent : moderne, propre et pour couronner le tout, les sièges sont en fait des couchettes individuelles qui permettent de s’allonger entièrement. On s’y repose plus facilement même si ça reste très difficile de s’endormir du fait de la manière de conduire des Vietnamiens qui ressemble beaucoup à celle observée dans les autres pays d’Asie du Sud Est : aller vite, klaxonner vigoureusement et régulièrement tenter des dépassements à la Fast & Furious. 

Nous sommes restés 2 jours complets dans cette ville. Le premier à s’imprégner de l’ambiance en flânant dans les rues turbulentes et surpeuplées. Le simple fait de traverser une rue constitue un défi majeur et périlleux. En effet, il y a quasi continuellement des dizaines (voire des centaines sur les grandes artères) de scooters qui slaloment, klaxonnent et foncent dans tous les sens sans qu’il y ait de panneaux de signalisation pour réguler le trafic. De ce fait, le piéton, ici, n’est pas prioritaire. Il revient à celui-ci de rester continuellement vigilent. L’expérience acquise nous a permis de trouver la meilleure technique pour traverser : se lancer malgré le trafic et garder une allure égale. Les deux-roues adapteront alors leur trajectoire à celle du piéton. Le plus dangereux serait de s’immobiliser brusquement au risque de les obliger à s’arrêter ou de faire un mouvement brusque. M’enfin, aussi incroyable que cela puisse paraître, nous n’avons pas vu d’accident lors de notre court séjour dans cette ville. Il est à noter que les trottoirs n’appartiennent pas aux piétons non plus, ce sont les places de stationnement des scooters.

Assurément, ce n’est pas une ville faite pour nous, quand bien même elle regorge d’animations et de bonnes adresses pour se restaurer et surtout abrite le musée des vestiges de la guerre. Visiter ce dernier a d’ailleurs été l’objet de notre seconde journée passée dans cette ville. Le moins que l’on puisse dire, à l’instar de la prison S21 que Claire avait visitée à Pnomh Penh, c’est que ça remue… Si tout le monde sait que le Sud Viêt-Nam a été le terrain d’affrontements terribles lors du XXème siècle, lire les témoignages et voir les abominations qui ont pu être commises lors des différents conflits a de quoi glacer le sang. A côté de cela, la visite nous a aussi permis de rafraîchir nos connaissances sur l’histoire du pays.

Au début du XXème siècle, le Sud Viêt-Nam était considéré comme une colonie française tandis que le Nord avait le statut de « protectorat français ». Année après année, lassés de l’ingérence française à la fois religieuse et administrative (notamment des taxes étaient prélevées sur des produits comme l’opium, le riz ou le sel), sous l’impulsion des nationalistes vietnamiens et encouragés déjà par les communistes notamment chinois, les mécontentements commencèrent à se cristalliser dans la zone.

S’en est suivie l’arrivée massive et belliqueuse des Japonais durant la seconde guerre mondiale, ce qui a eu pour conséquence de réduire très significativement l’influence française dans le pays. En réaction, la France des généraux De Gaulle et Leclerc ont tenté de trouver un compromis en reconnaissant le Viet-Nam comme « Un État libre avec son gouvernement, son parlement et ses finances, faisant partie de la Fédération Indochinoise et de l’Union Française ». Mais la première guerre d’Indochine n’a pas pu être évitée du fait notamment du Français Georges Thierry d’Argenlieu qui a voulu revenir sur les termes de l’accord et surtout du bombardement d’une unité de résistance nord-vietnamienne par les Français occasionnant plus de 6 000 morts. Avec une aide internationale principalement communiste, l’armée vietnamienne a par la suite infligé à la France plusieurs défaites militaires, obligeant cette dernière à se retirer progressivement du pays. En 1954, les accords de Genève sont signés reconnaissant l’indépendance du Viêt-Nam (toujours divisé en 2).

Malheureusement, le pays ne se pacifie pas pour autant puisque dès 1954, les USA s’invitent dans le Sud-Viêt Nam dans le but manifeste de lutter contre le développement du communisme. Nous sommes en pleine guerre froide et le McCarthysme bat son plein aux USA. Il en résulte plusieurs années de conflit armé et plus de 1,5 millions de morts à déplorer lors de la seconde guerre du Viêt-Nam (plus de 7 millions de tonnes de bombes ont été larguées par les USA durant le conflit !)… Sans compter les tonnes de gaz sarin et d’agent orange qui ont été larguées sur les populations…avec des conséquences qui ont duré dans le temps puisque de nombreux enfants naissent encore avec des malformations liées aux produits. Les photos affichées dans le musée font vraiment froid dans le dos…

Nous quittons ensuite rapidement Hô Chi Minh Ville pour se rendre à Hoi An.

Hoi An

Pour la première fois depuis la Thaïlande, la route se fait en train. En train-couchette plus exactement. Nous sommes installés sur 2 lits superposés dans une cabine de 4 très bien équipée (rangements, prises USB, liseuses). Nous y passons une nuit qui s’avère finalement pas tant reposante puisque le train subit beaucoup de secousses très bruyantes. Mais nous gardons un bon souvenir du voyage du fait d’avoir expérimenté un nouveau mode de transport et surtout d’avoir pu observer le paysage majoritairement composé de magnifiques rizières verdoyantes.

Après une brève matinée passée à se reposer à l’hôtel, nous partons à la découverte de la ville vantée par d’innombrables sites internet et autres guides de voyage. L’inconvénient principal d’un tel référencement réside évidemment dans le fait que cela attire bons nombre de touristes. Hoi An en était bondée, cette affluence en partie liée à la pleine lune dont la célébration attire chaque mois plus de monde. Mais nous arrivons tout de même à profiter des charmes de cette ville du centre du Viêt-Nam classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Notamment du centre historique riche en temples, pagodes et maisons d’époque. Notre coup de cœur a été de se promener de nuit et observer les centaines de lanternes multicolores qui illuminent les rues, les ponts et la rivière Thu Bon. Un véritable ravissement pour les pupilles! Un petit aperçu sur les photos ci-dessous :

Le lendemain, nous louons un scooter (la première fois depuis notre accident au Laos pour aller explorer les alentours de la ville. Quel plaisir de retrouver les sensations de liberté conférées par ce moyen de transport ! Quel plaisir aussi de s’éloigner de l’agitation de la ville ! Nous passons la matinée aux Marbles Moutains, au nord de Hoi An. Ces montagnes karstiques sont réputées pour les divers temples bouddhistes construits aux sommets. Nous y déambulons plusieurs heures en appréciant particulièrement une grotte avec une ouverture sur le ciel. A l’heure où nous y sommes, le soleil traverse l’ouverture et propage ses rayons dans la grotte directement devant une magnifique statue de Bouddha, effet mystique garanti.

Nous passons ensuite l’après-midi entier à rouler entre les cultures du sud de Hoi An, nous arrêtant quelques fois pour regarder les pêcheurs, les vachers à l’ouvrage ou simplement nous amuser des jeunes buffles traversant pataudement les cours d’eau. Tous nous observent tout aussi curieusement car comme nous le réalisons très vite, il n’y a pas beaucoup de touristes qui prennent le temps de sortir de la ville pour découvrir les campagnes, tant mieux pour nous c’est d’autant plus appréciable. Je découvre aussi à l’occasion que j’ai un talent certain pour attirer les cannetons puisqu’ils sont rapidement des centaines à venir me dire bonjour au détour d’un chemin.

Nous décidons de ne pas trop nous attarder à Hoi An car la course contre la montre continue et nous avons d’énormes attentes concernant la partie septentrionale du Viêt-Nam. Ce sera l’objet d’un second article.

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