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Après quelques jours d’attente, nous décidons que nous sommes suffisamment remis de nos blessures pour reprendre la route.

La frontière

Notre visa arrivant à son terme nous n’avons pas vraiment le choix de toute manière. Nous quittons donc Thakhek en bus et entamons un trajet de nuit jusqu’à la frontière cambodgienne aux 4000 îles. Le trajet se passe plutôt bien compte tenu du fait que Pierre ne peut pas plier la jambe et doit donc l’étendre dans le couloir. Les bus asiatiques étant généralement adeptes du surbooking, celui-ci ne fait pas exception et nombreux cambodgiens sont installés sur de petits tabourets dans le couloir… à quelques centimètres du genou de Pierre. Ambiance délicate donc mais les passagers sont très attentionnés et tout se passe sans heurts. Au terme d’un trajet assez long, nous sommes les derniers passagers avec un autre couple de backpackers. Le chauffeur décide donc de ne pas nous emmener jusqu’au terminus et nous débarque directement au bord de la route. Il s’arrange avec une chauffeuse de tuk-tuk pour qu’elle assure la suite du trajet. Nous partons donc à 4 dans un tuk-tuk de 2 personnes. L’autre couple est enseveli sous les 4 énormes sacs à dos, Pierre est assis sur un bord de banquette avec sa jambe en l’air dépassant du véhicule et je suis quant à moi assise en équilibre sur 25cm² derrière la chauffeuse. Heureusement que le trajet ne dure que 10 minutes même si elles paraissent durer une éternité.

Une fois arrivés, nous prenons un autre bus qui doit nous emmener directement à la frontière. Au poste cambodgien, nous laissons passer les autres voyageurs qui s’acquittent tous docilement du bakchich demandé par les douaniers. Difficile de négocier après ça… nous restons avec un couple de français et négocions pour payer le moins possible. Étant épuisés après une nuit blanche dans le bus plus la fatigue liée aux blessures nous savons que nous n’aurons pas la patience d’attendre des heures de lutte pour économiser quelques dollars. Finalement, nous nous en tirons pour 15 000 kips soit l’équivalent de 1,50€.

Après la traditionnelle traversée du no man’s land entre les 2 barrières, nous entrons en territoire cambodgien. Nous réalisons rapidement qu’il n’y a pas de bureau de change sur place (contrairement aux autres frontières que nous avons traversées) et que par conséquence nous n’avons pas assez de dollars pour payer les visas. Finalement, un douanier vient nous voir pour nous demander si nous avons un problème. Il nous explique alors qu’exceptionnellement il peut nous faire payer en kips et nous demande combien d’argent il nous reste. Nous comprenons rapidement que si on lui donne le montant total (il nous restait beaucoup plus que le prix des visas) nous allions nous faire arnaquer. Nous décidons de cacher discrètement une partie de nos billets. Nous lui sortons ensuite nos derniers billets qui comme par hasard correspondent au montant du visa. Évidemment il n’est pas dupe mais il ne peut rien prouver et c’est ainsi que nous obtenons assez facilement nos tampons d’entrée.

De l’autre côté de la barrière, des bus attendent les voyageurs en proposant des tarifs exorbitants en profitant du fait que les touristes sont de toute façon obligés de prendre un transport…bienvenue au Cambodge. Nous décidons d’appliquer la même stratégie que pour les visas en montrant nos portefeuilles vides et en montrant au chauffeur que nous lui donnons nos tout derniers billets et que nous n’aurons même pas assez pour nous payer un repas. Évidemment, nous ne lui avons pas tiré de larme mais il finit par accepter, un peu d’argent c’est mieux que pas du tout.

Nous arrivons enfin à la ville-étape de Steung Treng Et nous partons directement manger et nous coucher car les 2 dernières journées ont été assez éprouvantes.

La suite des aventures

Après un peu de repos, nous reprenons donc la route en direction de Siem Reap, la ville la plus proche des temples d’Angkor. Nous partons en mini van avec 4 Espagnoles, 2 Français et 1 Allemand. L’ambiance est joyeuse et après 30 minutes de route, un buffle traverse soudainement la route et percute le mini van qui n’aurait pas pu l’éviter. Le buffle va bien malgré le choc et après quelques minutes à souffler, il repart relativement tranquillement dans son champ. Le mini van en revanche n’est pas en aussi bonne forme et dégage une forte fumée pendant que le radiateur se vide sur la route. Le chauffeur est aussi en état de choc et c’est bien compréhensible. Il appelle l’agence qui fait partir aussitôt un autre van que nous attendons une trentaine de minutes.

Le van arrive enfin… c’est une ruine et le chauffeur a l’air d’être encore un adolescent. Après ce premier incident, ce n’est pas fait pour nous rassurer. Nous reprenons finalement la route, tous un peu plus attentifs aux vaches qui se déplacent sur le bord de la route. Environ à mi-chemin de Siem Reap, nous commençons à voir de la fumée noire qui se dégage du moteur ainsi qu’à sentir une odeur de caoutchouc brulé très désagréable. En quelques secondes nous ne voyons plus que la fumée noire autour de nous et le chauffeur se décide enfin à arrêter le bus. A notre grande surprise, il nous fait signe de remonter dans le bus quelques minutes après et nous repartons. Il roule comme ça pendant encore 10 minutes avant que le moteur ne lâche complètement et que nous comprenions la définition de débandade. La fumée a envahi tout l’habitacle du bus et nous sortons tous en courant sans attendre l’arrêt complet de l’appareil (qui était au ralenti heureusement). Le moteur fume, le radiateur se vide de son eau et des morceaux de caoutchouc gisent sur le bitume… cette fois il ne repartira pas.

Pour la deuxième fois de la journée, nous sommes coincés au bord de la route et la tension commence doucement à monter. Nos amies espagnoles prennent la direction des opérations et contactent le responsable de l’agence. Celui-ci nous explique qu’il va faire partir un troisième bus de la ville la plus proche… autrement dit Siem Reap. Le problème c’est que nous sommes à 3 heures de Siem Reap donc il nous faudrait attendre 3h au bord d’une route que le bus arrive plus 3h nouvelles heures de trajet. Nos espagnoles en feu décident d’arrêter un bus qui passe et négocient un prix de gros pour tout le groupe. Nous repartons assez rapidement sur la route mais la situation va évoluer très rapidement.

Le responsable de l’agence n’a pas compris pourquoi nous n’avions pas voulu attendre son bus il a donc plutôt mal pris la nouvelle. Pierre ayant un téléphone avec une carte SIM locale, nous avons pu rester en contact avec lui tout au long du trajet même si le ton est souvent monté entre lui et les Espagnoles. La raison de son stress, nous ne l’avons comprise qu’en arrivant. En fait tout au long du trajet, il a essayé de discuter avec le chauffeur du bus pour comprendre où il comptait nous déposer et pour discuter du prix du trajet. Sauf que le chauffeur de bus a catégoriquement refusé de lui parler, il avait sans doute peur que nous ne le payerions pas. Pendant 3 longues heures, le responsable de l’agence s’est donc imaginé les pires scénarii dont un enlèvement et la séquestration de 9 touristes sous sa responsabilité qui feraient les gros titres de toue la presse internationale. Par conséquent, quand nous sommes enfin arrivés à son agence nous avons eu le droit à une engueulade monumentale… en espagnol (il était Argentin). M’enfin, nous sommes tout de même repartis bien sains et saufs et sans demande de rançon.

Battambang

Le lendemain, nous réalisons rapidement que dans notre état, ce serait bien compliquer de profiter des temples d’Angkor. Nous partons donc pour la ville de Battambang pour y passer quelques jours plus tranquilles. Cette ville est plus petite, moins bruyante et un peu plus agréable que Siem Reap qui fourmille de touristes. Nous visitons le marché de la ville avec ses spécialités, notamment ces magnifiques crevettes grises qui nous font rêver et comme souvent beaucoup de fruits dans les étals.

Nous découvrons aussi le fameux « bamboo train » qui servait à la base à transporter les marchandises et qui sert désormais surtout à transporter les touristes. Mais la promenade est agréable et c’est plutôt drôle d’observer le protocole à chaque fois que l’on croise d’autres voyageurs. Il faut alors descendre pour enlever les roues et la plateforme de bambou afin de laisser passer les autres (priorité au sens du retour).

Nous rencontrons une commerçante qui nous avoue qu’elle paie 7$ par mois pour qu’un tuk-tuk conduise ses enfants à l’école tous les jours et les ramène. Quand on sait que les touristes paient en moyenne 15$ la journée pour visiter les temples d’Angkor on comprend mieux pourquoi les chauffeurs font la queue en bas des hôtels.

Nous restons quelques jours en ville à nous promener dans les rues et à manger les célèbres Amok, plats de poulet préparés dans une noix de coco. Puis, Pierre ayant récupéré plus de facilité pour marcher, nous décidons de repartir enfin pour voir les temples d’Angkor.

Les temples d’Angkor

Enfin le jour J ! Nous sortons de notre hôtel au petit matin pour retrouver notre chauffeur de tuk-tuk rencontré la veille avec lequel nous avions préparé notre itinéraire. Nous l’attendons 15 minutes par acquis de conscience mais, comprenant qu’il ne viendra pas, nous nous mettons rapidement d’accord avec un autre chauffeur. Nous nous arrêtons acheter nos tickets pour 3 jours, 128$ pour deux, ça pique mais on se dit que ça vaut le coup. C’est quand même le deuxième monument le plus visité d’Asie.

Nous partons donc pour la petite boucle le premier jour et pour la grande boucle le deuxième.

Pour plus d’explications, ce site archéologique mondialement connu résulte des constructions successives des rois de l’empire khmer du 9ème au 14ème siècle. Il témoigne d’une civilisation exceptionnelle et s’étend sur 400km².

Nous décidons de visiter les temples mineurs tôt le matin et de visiter les temples principaux entre 12h et 14h afin d’éviter les cars de touristes. Les premiers temples sont donc Bantheay Srei et Ta Prohm. Nous passons pas mal de temps à déambuler dans les ruines et c’est très agréable de s’imaginer en aventuriers à la recherche d’un formidable trésor. Le deuxième temple a d’ailleurs servi de lieu de tournage pour l’un des films sur Lara Croft (Tomb Raider). J’ai personnellement essayé de faire pivoter quelques statues suspectes mais malheureusement aucune porte secrète ne s’est ouverte. L’ambiance des temples est mystique et ça met dans un état d’esprit particulier. C’est très impressionnant de constater l’ampleur des monuments avec cette architecture si typique des temples khmers et la profusion des décorations sur chaque pierre.

Les deux principaux temples (Angkor Wat et Bayon) sont immenses et sont à eux tout seuls une ode au génie créatif humain. Difficile de se représenter ces temples avec juste des mots mais il faut s’imaginer d’immenses constructions en pierres taillées. Il y a des escaliers, des tours, d’autres escaliers, des couloirs, des bassins, encore des escaliers puis des fenêtres. En arrivant au sommet, les visiteurs remarquent enfin à quelle hauteur sont construits ces temples (213m pour le plus haut) et réalisent le niveau d’ingénierie nécessaire pour ce type de construction avec les moyens de cette époque. C’est tout simplement magistral.

Le lendemain, nous nous attaquons à la grande boucle qui permet de visiter quelques temples mineurs (Preah Khan, Neak Pean, Ta Som et Pre Rup) ainsi que les temples plus éloignés de Bantay Srei. Les visites se suivent et ne ressemblent pas car chaque roi de l’empire khmer a évidemment voulu apporter sa petite touche personnelle. Nous en prenons pleins les yeux et nous avons particulièrement apprécié les temples de Bantav Srei. La couleur rouge de ses pierres et la richesse des décorations le distinguent réellement de tous les autres temples. C’est une visite que nous ne regrettons vraiment pas.

Avec des pierres pleins les yeux et légèrement fatigués par les milliers de touristes (pour la plupart chinois) qui viennent chaque jour visiter les temples, nous terminons nos deux jours de visites un peu sur les rotules, (c’est particulièrement le cas de le dire pour Pierre :)). Nous avons vu une dizaine de temples et finalement nous avons étés plus charmés par les temples mineurs. Ils sont certes plus petits mais recèlent plus de mystère avec toute cette nature qui reprend petit à petit possession des lieux. Les temples principaux sont exceptionnels de par leur stature mais, à notre sens, le tourisme de masse gâche un peu le paysage.

La suite de notre voyage nous conduira à Phnom Penh, la capitale pour une visite chargée d’histoire et d’émotions puis vers le sud du Cambodge.

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